Une Jeanne d’Arc incandescente qui sculpte son histoire avec les objets qui l’entourent.
Elle est peut-être machiniste ou femme de ménage. Chaque jour, elle se refait l’histoire de son héroïne favorite. Avec pour tout artifice la machinerie théâtrale, Juliette Rizoud, seule en scène, entretient l’illusion. Sous nos yeux, c’est bien elle : « la fille belle des victoires », la Pucelle, Jeanne d’Arc ! Éclairée par une simple servante, la scène ressemble à celle de tous les théâtres du monde. Au milieu d’un décor conçu d’un bric-à-brac de seaux, de serpillières et de balais, une bouteille de white-spirit devient Jeanne bébé, une table se transforme en fringant cheval offert par Charles VII, un bout de moquette devient l’allée centrale de la cathédrale de Reims. Alignant avec méthode des pieds de projecteurs, l’actrice incandescente prend le commandement de toute une armée, et on y croit vraiment ! Figure originale et anticonformiste de la littérature française, Joseph Delteil obtiendra le Prix Femina en 1925 pour sa version de l’histoire de Jeanne d'Arc. Tout naturellement, on trouve dans la mise en scène de Christian Schiaretti ce concentré d’énergie qui caractérise le texte. Abandonnant le point de vue historique pour celui du coeur qui bat et impose son rythme.
Texte : Joseph Delteil
Adaptation : Jean-Pierre Jourdain
Mise en scène : Christian Schiaretti
Avec : Juliette Rizoud
Lumières : Julia Grand
Costumes : Thibault Welchlin
Production : la Compagnie dramatique dépendante, TNP
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